Inspirations végétales

Je suis une promeneuse de l’impermanence.
J’aime passer et repasser sur les mêmes chemins, regarder inlassablement les infimes modifications qu’un jour de plus pose sur la couleur d’un pétale d’hortensia, le port d’une fougère ou le mûrissement d’une pomme.

 

Je suis fascinée et reconnaissante de la beauté du monde végétal : son architecture, sa géométrie, ses couleurs, ses textures, sa grâce dans le mouvement du vent, son déploiement dans le soleil ou son repli quand vient la nuit ou la morsure du froid.

 

Tout m’inspire pour en faire des bouquets : fleurs, légumes, fruits, feuillages et adventices, les si mal nommées mauvaises herbes.

 

Je suis une glaneuse de grand chemin. Toujours un sécateur dans la poche, pour cueillir ce que je ne trouve pas dans mon jardin et en faire mes éphémérides : des bouquets un peu bohême, un peu brindezingues lorsque je fais fleurs de tout bois ! Pour les contempler dans leur épanouissement jusqu’au moment ultime où il faut se résoudre à les remercier pour passer à un nouvel émerveillement. C’est la plus jolie façon de voir le temps qui passe. Dans une succession de floraisons…

 

 

 

 

Au Moyen-Âge, la couleur orange n’existait pas. Parce que tout ce qui relevait d’un mélange était déconsidéré. Il y avait un tel désir de pureté, que seules les primaires bleu, rouge et jaune avaient la faveur des peintres et des teinturiers. Et les maraichers ? Ils cultivaient des pastenades, ces racines, plus ou moins blanches, grêles et ligneuses se rapprochant de ce qu’aujourd’hui nous appelons carottes, panais ou cerfeuil tubéreux.

Mais la donne change avec l’arrivée du safran, une teinte à part entière, si chère et lumineuse, qu’on lui réserve le tissu le plus précieux : la soie. Depuis, la couleur orange n’a plus rien de secondaire en exprimant la richesse et le pouvoir de celui qui en porte. Et les carottes ? Au gré des sélections et des croisements, elles aussi deviennent prisées et tiennent désormais le haut du panier dans leur bel orangé… Un petit bouquet d’honneur avant de les cuisiner ?

 

 

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