BEURRE DE PRINTEMPS

 

 

Un beurre se désolait de sa pâleur.

–  Ce n’est point sans raison que je me plains,

Disait-il au paysan,

– Quand aurais-je du printemps les honneurs ?

Depuis l’hiver, les vaches sont bêtes à manger du foin

S’épanchant d’un lait sans qualité ni bouquet.

Comment puis-je honorer ma promesse de saveur

Sans une once de fleurs de trèfle et camomille ?

Déployer une robe des champs de belle couleur

Sans le moindre bouton d’or ou potentille ?

Le paysan répondit – Cesse donc de te lamenter

J’attendais le temps dans son sage ordonnancement

De poudrer les pâtures de calendulas florissants.

Le beurre se vit bientôt coloré d’un beau jaune orangé

Plait-il sur une tartine, meilleur que le Bordier ?

La nature encline à l’œuvre fit sa renommée.

Qui ne prit ceci pour un enchantement ?

Que de simples soucis des champs

Puissent à ce point au beurre, saveur et couleur donner.

 

 

LA RECETTE

 

500 g de beurre mou

20 g de pétales de calendula

50 g de noisettes

Le zeste d’une orange

Fleur de sel

 

Baignez rapidement les pétales dans un bol d’eau froide avec quelques gouttes de vinaigre.

Essuyez-les soigneusement puis ciselez-les finement.

Torréfiez puis concassez les noisettes.

Incorporez dans le beurre mou, tous les ingrédients.

Laissez développer les saveurs au frais pendant un minimum de 3 heures.

 

Divin sur une tartine grillée avec des radis, sur des palourdes farcies, un poisson blanc ou dans un gâteau.

 

POUR RÊVER UN PEU…

Magnificence d’une jachère toute ensemencée de calendulas où se mêlent eschscholzias et quelques herbes folles.

S’avancer avec la sensation d’une coulée dans une mer de fleurs, chaude et capiteuse, persuadant mes narines, trompées par ce déploiement solaire, cet incendie, d’y flairer de fines effluences de safran et de curry.

Sous cette parure orangée toute vibrante du vol des pollinisateurs, se joue une pause silencieuse dans le cycle des cultures. La terre reprend son souffle jusqu’à la saison prochaine.

« C’est comme un petit bouquet sur le coin de mon bureau, » me glisse avec malice Maryline la maraîchère.

Aussitôt me vient l’image insolite d’un monde où chacun travaillerait en compagnie d’un vase de prairie mellifère…

 

Un immense merci à Philippe et Maryline @fermedekeraugant d’avoir ouvert leur jachère à mes inspirations.

 

Magnificence d’une jachère toute ensemencée de calendulas où se mêlent eschscholzias et quelques herbes folles. S’avancer avec la sensation d’une coulée dans une mer de fleurs, chaude et capiteuse, persuadant mes narines, trompées par ce déploiement solaire, cet incendie, d’y flairer de fines effluences de safran et de curry. Sous cette parure orangée toute vibrante du vol des pollinisateurs, se joue une pause silencieuse dans le cycle des cultures. La terre reprend son souffle jusqu’à la saison prochaine. « C’est comme un petit bouquet sur le coin de mon bureau, » me glisse avec malice Maryline la maraîchère. Aussitôt me vient l’image insolite d’un monde où chacun travaillerait en compagnie d’un vase de prairie mellifère….Un immense merci à Philippe et Maryline @fermedekeraugant d’avoir ouvert leur jachère à mes inspirations. Je repars avec une brassée d’idées…

Publiée par Domitille Langot sur Dimanche 24 mai 2020

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Commentaires

  1. Ohlala, c’est vrai que cela fait rêver ! Ce champ de caendula est d’une telle beauté. Comme tu as dû te régaler.
    Et aussi avec ce beurre de prntemps fleuri !
    Merci pour cette minute de rêverie bien agréable.
    valérie

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