MI-CHOU, MI NAVET

 

 

 

 

QUAND CE N’EST NI LE PRINTEMPS, NI L’HIVER…

Depuis trois semaines, j’ai l’impression de lanterner dans un no man’s land saisonnal.

En s’obstinant par pluie et vents mauvais, l’hiver intimide le printemps.

Les fruitiers peinent à fleurir, la rhubarbe ajourne sa percée, les lilas semblent figés dans une indifférence, sans bourgeons prêts à en découdre sous une franche offensive du soleil. Seuls les muscaris fleurissent dans mon jardin.

Sur les étals de mon marché, trônent, ou plutôt traînent encore les sempiternels choux, betteraves et topinambours.

Pas la moindre asperge ou carotte fane, si je veux acheter local.

C’est presque frustrant lorsque j’aperçois sur un autre, la profusion de gousses d’ail nouveau d’Égypte, de tomates du Maroc ou de concombres d’Espagne. Un éventaire surréaliste pour moi, comme si le rapport au temps n’existait pas.

Il me faudra encore patienter pour renouer avec la tendresse des primeurs.

Mais soudain, l’inespérée ! Je découvre entre deux choux rouges, une botte de navets nouveaux.

Six petites boules blanches qui prennent la pose et proposent leur mauve délicat au collet avant de se prolonger en fanes vigoureuses.

Tout mon désir de printemps se tient là, dans cette botte.

Une pépite, un trésor quand d’autres sont encore dans l’infortune de cet hiver peu enclin à s’éclipser.

Mais il n’y en qu’une. Il me faudra un autre légume pour composer une assiette généreuse.

Va pour son voisin le chou rouge !

Un plat mi-figue, mi-raisin, pour reprendre l’expression évoquant une association contradictoire.

Ou plutôt mi-chou, mi-navet.

Un entredeux de saison…

 

LA RECETTE

CARPACCIO DE NAVETS NOUVEAUX

 

Pour 4 personnes

Préparation : 20 minutes

 

2 petits navets nouveaux

100 g de chou rouge

2 oignons fanes

4 radis roses

Quelques feuilles de roquette

1 c. à s. de pistache

 

Pour la sauce :

5 c. à s. d’huile d’olive

½ jus de citron

1 c. à s. de sirop d’érable

Fleur de sel, poivre

 

Pour la première étape :

Préparez la sauce. Émulsionnez l’huile d’olive, le jus de citron et le sirop d’érable. Salez, poivrez. Réservez.

 

Pour la deuxième étape :

Brossez les navets. Émincez-les le plus finement possible à l’aide d’une mandoline. Disposez-les dans le plat de service. Badigeonnez-les de la moitié de la sauce. Laissez mariner pendant le temps de la préparation.

 

Pour la troisième étape :

Émincez le plus finement possible le chou rouge et les radis.

Lavez les feuilles de roquette.

Concassez grossièrement les pistaches.

Ciselez les oignons.

Pour le dressage, répartissez harmonieusement tous les ingrédients.

Arrosez du restant de sauce.

 

Servez aussitôt.

 

Ficelles de cuisine :

Choisissez des petits navets nouveaux pour ne pas avoir les éplucher. En effet, les navets d’hiver ont une peau plus épaisse et légèrement âcre.

Vous serez surpris de la douceur croquante en version crue, très proche d’un radis.

Il est important de les émincer le plus finement possible.

La mandoline japonaise est un outil génial. Je ne peux plus m’en passer tant elle simplifie la préparation en cuisine. Surtout, elle permet de révéler la texture des légumes.

Un petit investissement vite amorti, qui plus est, ne prend pas de place dans un tiroir.

 

Powerfood :

En consommant le navet cru, vous tirez profit des précieux nutriments de ce crucifère.

Très riche en antioxydants, sels minéraux, notamment en potassium, il est souverain pour la santé cardiovasculaire et la densité osseuse.

Sans oublier sa teneur en molécules soufrées, les glucosinolates, qui ont des effets protecteurs contre le cancer.

 

Le switch :

Pas de sirop d’érable ? Remplacez par un miel liquide, du vinaigre balsamique blanc.

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